À Za-Kpota, dans le département du Zou, la tension monte au sein des relais communautaires, véritables piliers du système de santé de proximité. Après plusieurs mois de patience, ces acteurs de terrain ont décidé de sortir du silence. Leur cri de détresse résonne : ils se disent abandonnés, humiliés et privés de leurs droits. C’était ce lundi sur l’esplanade de la mairie.
Six mois sans primes, promesses non tenues, absence de moyens de déplacement : les relais communautaires de Za-Kpota se disent abandonnés par les autorités locales. Fatigués du mépris institutionnel, ils interpellent le maire Félicien Danwouignan et exigent justice.
En effet, depuis plus de six mois, aucune prime de motivation ne leur a été versée. Pourtant, ces femmes et hommes continuent de s’engager dans les campagnes de sensibilisation, les visites à domicile, le suivi nutritionnel et la mobilisation communautaire. Mais leur engagement s’étouffe peu à peu sous le poids de la négligence. Selon leurs témoignages recueillis par Bouge Za-Kpota, la situation est devenue intenable. Certains Agents de Santé Communautaire Qualifiés (ASCQ) refusent désormais de signer les fiches de services faits, arguant que les relais n’ont pas atteint les objectifs de visites à domicile. Une décision jugée arbitraire et injuste, d’autant que les relais n’ont jamais reçu les vélos promis pour se rendre dans les zones reculées. « Nous marchons des kilomètres chaque jour sans aucun appui. Comment atteindre les objectifs sans moyens ? » s’indigne l’un d’eux.
Par ailleurs, les difficultés financières s’ajoutent aux frustrations administratives. À la CLCAM de Za-Kpota, plusieurs relais n’ont perçu qu’une partie de leurs dus, tandis que d’autres n’ont rien reçu malgré cinq mois de traitement. Pire encore, les frais destinés à la synchronisation des données ont disparu, compromettant la qualité du suivi sanitaire. Les relais dénoncent également la vision réductrice de certains responsables, qui limitent leur travail aux seules visites à domicile, ignorant les nombreuses autres missions qu’ils accomplissent : causeries éducatives, références sanitaires, activités de masse, réunions et gestion administrative.
Face à cette situation, les relais communautaires interpellent le maire Félicien Danwouignan, le secrétaire exécutif de la commune et le coordonnateur de la zone sanitaire Zogbodomey–Bohicon–Za-Kpota (ZOBOZA). Réunis ce lundi sur l’esplanade de la mairie, ils ont remis un courrier officiel et promettent d’autres actions si rien n’est fait. « Nous voulons le respect du contrat, pas la charité », martèlent-ils. Un cri du cœur pour la dignité, lancé par ceux qui, chaque jour, portent la santé jusqu’aux foyers les plus éloignés de Za-Kpota.
Gildas AHOGNI