Dans le cadre de la Journée africaine des droits de l’homme, Amnesty International Bénin a organisé une conférence de presse ce mardi 21 octobre 2025 à Bénin royal hôtel de Cotonou. Objectif: vulgariser deux plaquettes de plaidoyer et le manifeste pour les droits humains 2026-2031 entrant dans le cadre de la revision du Code penal et du Code du numérique qui restreignent les libertés fondamentales au Bénin.
L’objectif principal est interpeller les autorités et les acteurs politiques sur la nécessité de revoir les lois qui restreignent la liberté d’expression, le droit des médias et le droit de réunion pacifique au Bénin. Rédigé en mars 2023 avec l’aide de plusieurs partenaires et présenté par Dieudonné Dagbéto, Directeur Exécutif d’Amnesty International Bénin, la plaquette de plaidoyer pour la révision du Code pénal du Bénin, aborde la modification de cinq articles que sont les articles 237, 238, 239, 240 et 241. D’après le document présenté, les articles 237 à 241 du Code pénal, tels qu’ils sont rédigés, permettent d’interdire arbitrairement des rassemblements, au nom de la sécurité ou de l’ordre public.
Amnesty International Bénin comme le souligne Dieudonné Dagbéto oeuvre pour que « le Code pénal du Bénin soit débarassé de ces dispositions qui entravent le droit de réunion pacifique ». L’organisation recommande d’encadrer plus clairement les motifs d’interdiction et d’introduire des recours judiciaires rapides en cas d’abus.
Des lois numériques à réformer pour protéger la liberté d’expression et le droit des médias
Le second outil présenté par Glory Hossou, coordinateur médias et surveillance des droits humains est une plaquette de plaidoyer pour la révision du Code du numérique. Cette plaquette conçue en septembre 2025 traite des conséquences sur la liberté d’expression et le droit des médias présentes dans les articles 527, 550, 553, 557 et 560. Elle met en lumière les risques de dérive liés à certaines formulations floues des articles.
Ces dispositions, selon Amnesty, favorisent la criminalisation des opinions en ligne et aggravent le sentiment de peur, de censure et d’autocensure. Se conformant à l’article 550, le document évoque que « les expressions comme » détresse émotionnelle” ou » harcèlement » employés dans les alinéas 1et 2 ne sont pas définis. Ce qui pourrait donner libre cours à des interprétations vagues et abusives ». L’organisation propose la dépénalisation des délits de presse et la suppression des peines d’emprisonnement pour les infractions liées à la liberté d’expression afin de mettre fin aux différentes arrestations arbitraires qui s’observent dans le pays depuis plusieurs années.
Le manifeste pour les droits humains 2026-2031
En troisième point, Amnesty International a présenté pour la toute première fois son manifeste pour les droits humains 2026-2032. C’est un document stratégique articulé autour de cinq priorités : protection des libertés publiques, amélioration des conditions de détention, garantie des procès équitables, promotion de l’égalité de genre et renforcement des droits économiques, sociaux et culturels. Par cet outil, Amnesty International Bénin tente « de proposer un document de position ou de plaidoyer qui vise à engager les partis politiques et les candidats aux élections sur leurs capacités à protéger les droits humains quand ils seront élus », a précisé Glory Hossou.
Au cours cette conférence, Amnesty International Bénin a salué les différentes associations qui ont rejoint cette lutte laquelle a donné vie à ces deux plaquettes.Toutefois l’organisation espère du gouvernement, des actions concrètes visant à réviser ces dispositions qui restreignent les libertés fondamentales de la population béninoise conformément à l’engagement pris devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unis à Genève, le 26 janvier 2023.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU