Depuis la désignation de Romuald Wadagni comme candidat de la mouvance pour l’élection présidentielle d’avril 2026, tous les ténors des différents partis politiques soutenant Patrice TALON s’accordent les voix sur son choix estimant qu’il est le dauphin idéal. Dans tout ce lot de soutiens, ceux qui sont les plus attendus sont les alliés d’Olivier Boko qui n’ont, pour l’heure, apporté aucune caution à une quelconque candidature, qu’elle soit de la mouvance ou de l’opposition.
Quel candidat bénéficiera du soutien franc et sincère des fidèles de Olivier Boko et alliés pour la présidentielle de 2026? C’est la grande interrogation qui taraude les esprits des uns et des autres à quelques jours du dépôt des candidatures pour le choix du duo président – vice-président au Bénin. Pour certains, les sbires de Olivier Boko, ancien ami de Patrice TALON en détention depuis plus d’une année pour tentative de coup d’État font face à plusieurs dilemmes suite à l’arrestation et la condamnation de leur mentor politique. La grande évidence est qu’avec Boko écarté de la course au fauteuil présidentiel, ses partisans peuvent basculer vers la ligne de l’opposition, ou chercher une figure alternative à soutenir, ou devenir force de négociation. Trois cas de figure se dessinent dès lors. Une fraction des partisans restent fermement derrière Boko, dénoncent ce qu’ils considèrent comme un acharnement, maintiennent le mouvement OB26 comme plateforme de contestation politique. Dans le deuxième cas, beaucoup de partisans risquant des poursuites, des intimidations, des pertes de postes ou d’influence s’ils restent trop visibles comme soutiens ont préféré se pencher du côté de la mouvance. Ils se sont alignés du côté du camp présidentiel sortant, soit pour opportunité, soit par contrainte. Pour finir, certains hommes de main se sont désolidarisés de Boko pour se protéger politiquement, en réduisant leur visibilité en neutralisant leur position. La dernière possibilité qui est la plus plausible est que les sbires pourraient chercher une autre personnalité pour incarner leurs ambitions, ou faire bloc derrière une figure plus crédible aux yeux de l’électorat, tout en gardant un discours critique contre le régime. Une chose est sûre, le risque de divisions internes est élevé comme on le voit déjà entre ceux qui veulent rester “fidèles” et ceux qui pensent qu’il faut changer de stratégie. La situation est à la base de la division ou de l’éclatement de certains mouvements et associations comme c’est le cas de « OB26 » et la reconfiguration d’autres au profit du président de la République sortant. De même, ces basculements peuvent avoir plusieurs conséquences dans le choix du duo président – vice-président pour l’élection présidentielle d’avril 2026. Les partis et personnalités politiques devront ajuster leur stratégie selon qui des soutiens de Boko restent, qui bascule ou qui reste neutre. Leurs poids politiques sont moins négligeables surtout qu’il n’est de nul doute que la majorité d’entre eux sont très bien placés en qualité de ministres, députés, directeurs généraux, maires… Leur choix politique pèsera beaucoup dans l’élection du prochain président de la République.
Mohamed Yèkini