Aller au contenu
mercredi 14 octobre 2026|
Le Patriote

Quotidien béninois d’information générale
Indépendant · Vérifié · En continu

Le Patriote
FLASH INFO
Culture

REMA 2026 : Du « like » à l’achat : le défi d’Alif Naaba

À l’occasion de la 9ᵉ édition des Rencontres musicales africaines (REMA), prévue du 22 au 24 octobre 2026 à Ouagadougou, au Burkina Faso, Alif Naaba, directeur de l’événement, revient sur les enjeux de ce rendez-vous continental. Entre structuration de l’industrie musicale, monétisation des œuvres et engagement du public, il plaide pour une transformation des habitudes de consommation

REMA 2026 : Du « like » à l’achat : le défi d’Alif Naaba

de la musique africaine.

 Bonjour, Alif Naaba. Quels besoins de l’industrie musicale africaine ont motivé la création des REMA ?

Alif Naaba : Les REMA sont nées de notre volonté de faire de Ouagadougou, dans un premier temps, un important incubateur pour la musique, mais aussi un espace de réflexion. Nous avons constaté que notre industrie musicale manquait de chiffres. Il nous faut des données permettant de corroborer les informations disponibles, de consolider l’économie autour de la musique et de crédibiliser davantage cette industrie auprès de nos gouvernants.

En effet, dans presque tous les pays, il est difficile de trouver des chiffres permettant aux États de mesurer l’impact réel de la musique et de son industrie sur le développement national. Nous nous sommes donc dit qu’il fallait créer trois jours de réflexion pour rassembler les chiffres, partager les informations et échanger sur les bonnes pratiques.

À l’occasion du neuvième anniversaire des REMA, quel regard portez-vous sur l’évolution de cet événement depuis sa création à Ouagadougou ?

Alif Naaba : Neuf ans, ce n’est pas neuf jours ! C’est le franchissement d’un cap symbolique et le témoignage d’un parcours exceptionnel dont nous sommes très fiers. À nos débuts, l’aventure est née modestement, autour d’une poignée de professionnels, six ou sept tout au plus. Au fil des éditions, le projet a pris une véritable ampleur. D’abord porté par les acteurs culturels du Burkina Faso, puis par ceux de la sous-région, l’événement s’est progressivement ouvert à l’ensemble du continent et au monde entier. Historiquement axées sur la formation, les tables rondes, le réseautage, les rencontres B2B et les showcases, les REMA se sont enrichies, depuis quatre ans, d’un volet consacré au grand public, avec le REMA Play. Cela leur a donné une dimension inédite.

Aujourd’hui, forts de cette maturité, nous continuons d’exiger l’excellence afin de faire grandir chaque édition. Cette ambition se traduit notamment par le thème de cette neuvième édition : « Followers : de passifs à actifs », qui répond aux exigences actuelles du marché de la musique.

Le thème de cette neuvième édition est « Followers : de passifs à actifs ». Pourquoi ce choix est-il devenu une urgence pour l’industrie musicale africaine ?

 Alif Naaba : Chaque année, les thématiques que nous choisissons sont directement liées à l’économie de la musique, car c’est notre ADN. Cette année, nous avons voulu nous intéresser à une problématique particulièrement actuelle. De nombreux artistes comptent un grand nombre de followers. Malheureusement, ces derniers ne s’engagent pas suffisamment lorsqu’il s’agit de passer à l’action : acheter les œuvres ou se rendre aux concerts pour payer leurs billets. Nous voulons donc mettre cette question sur la table, en discuter et trouver des solutions permettant d’engager davantage les followers, afin qu’ils passent du simple « like » à l’achat. Pour nous, c’est extrêmement important.

Récemment, j’ai également entendu des acteurs de plusieurs pays de la sous-région, que je ne citerai pas, se plaindre du fait que leurs artistes ne sont pas monétisés et que leurs territoires ne le sont pas davantage. Toutes ces problématiques peuvent être abordées dans le cadre de la thématique que nous allons explorer. Aujourd’hui, il est urgent que l’intention et l’action aillent de pair. Il faut que les gens ne se contentent pas de liker les publications des artistes, mais qu’ils agissent aussi en allant aux concerts et en achetant leurs œuvres. C’est ce qui nous permettra, à terme, de mieux mesurer la portée et l’impact réels des followers sur les réseaux sociaux, ainsi que le soutien qu’ils apportent aux artistes.

Quel appel adressez-vous aux acteurs culturels, aux artistes, à l’ensemble de l’écosystème musical et au public qui convergeront vers Ouagadougou pour cette nouvelle édition des REMA ?

Alif Naaba : À tous les professionnels, au public et à l’ensemble des acteurs qui convergeront vers Ouagadougou cette année, je voudrais dire : vous êtes les bienvenus au Burkina Faso ! Nous vous attendons au pays de Thomas Sankara, au pays du capitaine Ibrahim Traoré. Aujourd’hui, le Burkina Faso est devenu un grand incubateur ouvert à la musique africaine et internationale, où les idées et les propositions sont accueillies. Nous attendons donc tous les professionnels à Ouagadougou pour partager ces moments, échanger et construire ensemble notre écosystème et notre industrie musicale.

Nous vous donnons rendez-vous les 21, 22, 23 et 24 octobre à Ouagadougou pour vivre des moments magiques et faire de cette neuvième édition des REMA un événement exceptionnel.

Que pensez-vous de cet article ?

Copier le lien
LP
La rédaction, Le Patriote

L’équipe éditoriale du Patriote, au cœur de l’actualité du Bénin.

Plus d’articles en Culture →

Commentaires (0)

Sur le même sujet

Recommandé pour vous

REMA 2026 : Du « like » à l’achat : le défi d’Alif NaabaLecture audio · voix de synthèse