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53 ans après le coup d’État du 26 octobre 1972 :Quand Kérékou met fin au « monstre à trois têtes »

Le 26 octobre 1972 marque un tournant décisif dans l’histoire du Dahomey, aujourd’hui Bénin. Lassée des luttes de pouvoir et de la confusion politique née du régime à direction tournante, l’armée renverse le président Justin Ahomadégbé. À la tête du mouvement, de jeunes officiers confient le pouvoir au commandant Mathieu Kérékou, ouvrant une nouvelle ère politique.

53 ans après le coup d’État du 26 octobre 1972 :Quand Kérékou met  fin au « monstre à trois têtes »
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Le mercredi 26 octobre 1972, le Dahomey bascule à nouveau dans un coup d’État militaire. Le président Justin Tometin Ahomadégbé, alors deuxième chef d’État du régime tricephale, est renversé par un groupe de jeunes officiers menés par Janvier Assogba, Michel Aïkpé et Michel Alladaye. Partis du camp militaire de Ouidah, ils marchent sur Cotonou avec des chars pour prendre le contrôle de la présidence. Leur objectif était de mettre fin à un système politique devenu ingouvernable.

En effet, depuis le 7 mai 1970, le Dahomey expérimentait une direction à trois têtes, confiée à Hubert Maga, Sourou Migan Apithy et Justin Ahomadégbé. Ce compromis, arraché après des années d’instabilité, prévoyait une présidence tournante de deux ans pour chacun. Hubert Maga devait assurer le premier mandat, suivi d’Ahomadégbé, puis d’Apithy. Mais très vite, les rivalités, les querelles régionales et la méfiance mutuelle minèrent le fragile équilibre. Les officiers, témoins du désordre politique et de la paralysie de l’État, décidèrent d’intervenir. Dans leur déclaration, ils dénoncent « un monstre à trois têtes » incapable de gouverner un pays de seulement trois millions d’habitants. « La France, avec plus de 45 millions d’habitants, n’a qu’un seul président », rappela Mathieu Kérékou, alors chef d’état-major de l’armée de terre.

À l’issue du coup d’État, les putschistes confient le pouvoir à Kérékou, présenté comme un homme de discipline et de neutralité. Dans son premier discours, il affirme : « L’armée s’engage solennellement à donner au peuple dahoméen l’espoir d’une aube véritablement nouvelle. La branche ne se cassera pas dans les bras du caméléon ».

C'est ainsi que ce 26 octobre 1972, a marqué la fin de l’expérience du Conseil présidentiel et le début d’un long régime militaire. Sous Kérékou, le Dahomey entre dans une nouvelle phase de son histoire, marquée par la révolution du Bénin.

Gildas AHOGNI

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