Le gouvernement nigérian a annoncé, dimanche, la mort de deux de ses ressortissants en Afrique du Sud dans un contexte marqué par une recrudescence des violences xénophobes visant des migrants africains. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné ces décès et appelé les autorités sud-africaines à diligenter des enquêtes rapides.
Selon Abuja, les deux hommes ont été tués le 28 juin, quelques jours avant l’expiration de l’ultimatum fixé au 30 juin par des groupes opposés à l’immigration clandestine, qui exigeaient le départ des étrangers en situation irrégulière. Les autorités nigérianes affirment que l’une des victimes aurait été abattue par des policiers à Pretoria, tandis que la seconde aurait été tuée par des assaillants non identifiés dans la province de Mpumalanga. À ce stade, la police sud-africaine n’a pas officiellement réagi à ces accusations.
Le ministère nigérian des Affaires étrangères a exhorté Pretoria à faire toute la lumière sur ces décès ainsi que sur d’autres affaires impliquant des Nigérians victimes de présumées exécutions extrajudiciaires. Il a également averti qu’il prendrait des « mesures appropriées » si ces attaques contre ses citoyens venaient à se poursuivre.
Depuis plusieurs semaines, les violences anti-immigrés ont conduit plusieurs pays africains, dont le Nigeria, le Ghana et le Zimbabwe, à organiser le rapatriement de milliers de leurs ressortissants établis en Afrique du Sud. Les manifestants accusent les étrangers d’être responsables du chômage, de la criminalité et de la pression exercée sur les services publics.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU