À trois jours de l’investiture du président élu, Romuald Wadagni, le protocole de la cérémonie se précise autour d’un rendez-vous qui marquera une nouvelle page de l’histoire politique du Bénin. Prévue pour le dimanche 24 mai 2026, la cérémonie de passation de charges entre le président sortant, Patrice Talon, et son successeur devrait réunir près de 6 000 invités.
Sobre dans son format, mais forte en symboles, cette investiture se déroulera en deux principales étapes, selon le communiqué officiel. Le premier acte aura lieu au Palais de la Marina. Patrice Talon y arrivera en premier avant d’adresser un bref message à la Nation. Quelques minutes plus tard, il accueillera Romuald Wadagni pour un entretien en tête-à-tête annoncé d’une quinzaine de minutes. Cet échange sera chargé de symboles, et marquera surtout les derniers instants de Patrice Talon en tant que chef de l’État au Palais de la Marina. Après avoir salué ses proches collaborateurs, le président sortant quittera officiellement les lieux, laissant place à son successeur.
Ensuite, le ministre de l’Économie et des Finances, qui s’apprête à accéder à la magistrature suprême, Romuald Wadagni prendra possession de ses nouveaux bureaux avant de rejoindre le Palais des Congrès de Cotonou pour la seconde phase de la cérémonie. C’est à cet instant que se déroulera l’audience solennelle de la Cour constitutionnelle. Face aux sages, le nouveau président prêtera serment conformément aux textes de la République. À cet instant, Romuald Wadagni deviendra officiellement président de la République du Bénin.
Dans la foulée, il recevra le Grand Collier de Grand Maître des Ordres nationaux, avant l’allégeance du chef d’état-major général des Forces armées béninoises, en sa qualité de chef suprême des armées. Moment très attendu, le premier discours officiel du président devrait donner les grandes orientations de son mandat et fixer le ton de cette nouvelle ère politique. Un adage semble se confirmer : qui commence bien termine bien. La cérémonie prendra fin avec un banquet officiel prévu à la présidence de la République à partir de 13 heures.
L’absence des chefs d’État étrangers en question !
Par ailleurs, l’un des points d’ombre de cette cérémonie reste la grande absence des chefs d’État étrangers. Comme lors des précédentes investitures présidentielles, notamment celle du président sortant Patrice Talon en 2016, aucun chef d’État étranger n’est annoncé pour la cérémonie du 24 mai. À défaut, plusieurs délégations étrangères sont néanmoins attendues, à savoir celles du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la France.
En rappel, cette option renvoie d’ailleurs à l’investiture de Patrice Talon en 2016, organisée dans un format relativement sobre, sans la présence de chefs d’État étrangers.
Toutefois, le contraste reste frappant avec l’investiture de l’ancien président Dr Thomas Boni Yayi en 2011 à Porto-Novo. À l’époque, plusieurs chefs d’État africains avaient effectué le déplacement pour rehausser l’éclat de la cérémonie. Parmi eux figuraient notamment les présidents gabonais Ali Bongo Ondimba, congolais Denis Sassou N’Guesso, sénégalais Abdoulaye Wade, togolais Faure Gnassingbé, centrafricain François Bozizé, tchadien Idriss Déby Itno et burkinabè Blaise Compaoré. Le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, ainsi qu’une délégation du groupe Bolloré avaient également pris part à l’événement.
De ce que l’on peut comprendre, pour cette transmission de pouvoir, les autorités béninoises semblent avoir privilégié une cérémonie plus institutionnelle, recentrée sur la transition républicaine et la solennité du moment. Tout compte fait, ce dimanche, au Palais des Congrès de Cotonou, la capitale vivra une journée historique, marquée par la transmission officielle du pouvoir et l’ouverture d’un nouveau chapitre politique pour le Bénin, sous le regard attentif de la nation et de sa diaspora.
Esdras A. BIAOU