Après plus de quatre décennies d’existence, Radio Parakou a cessé d’émettre depuis le 31 mars 2026. Une décision jugée brutale, intervenue dans un silence quasi total, qui suscite incompréhension et frustration. Entre émotion contenue et absence de réaction collective, la disparition de cette voix historique interroge.
Le silence est parfois plus assourdissant que le bruit. Depuis le 31 mars 2026, Radio Parakou ne diffuse plus. Son signal a été définitivement coupé, mettant fin à 43 années d’existence au service de l’information, de la culture et de la cohésion sociale dans le septentrion béninois.
En effet, l’annonce, ou plutôt l’absence d’annonce officielle détaillée, laisse place à de nombreuses interrogations. Selon plusieurs sources concordantes, la fermeture de la station serait le résultat d’une décision portée au sommet de l’État, avec l’implication de certaines autorités et responsables du secteur. Mais aucun éclairage précis n’est venu accompagner cet arrêt brutal, accentuant le sentiment d’injustice chez de nombreux observateurs.
Ce qui frappe davantage, c’est le silence général qui a suivi. Ni mobilisation notable des populations locales, pourtant premières bénéficiaires de ses programmes. Ni réaction marquante des professionnels des médias. Même la radiodiffusion nationale, considérée comme sa “sœur aînée”, est restée muette. Une indifférence qui contraste avec l’impact réel qu’a eu Radio Parakou durant plus de quatre décennies. Car cette radio n’était pas qu’un simple canal de diffusion. Elle a été une école, un tremplin, un incubateur de talents. Des générations de journalistes, animateurs et techniciens y ont fait leurs premières armes. Elle a informé, éduqué, diverti, mais surtout donné une voix à ceux qui n’en avaient pas.
Dans un texte d’humeur écrit par David Ogouchina, largement relayé par le journaliste Georges Amlon, on note une dénonciation d’une disparition, rappelant le rôle fondamental joué par la station dans le paysage médiatique du nord du Bénin. Dans ce texte, il évoque une extinction brutale, presque effacée, comme si cette longue histoire n’avait jamais compté.
Pourtant, malgré la coupure du signal, l’empreinte de Radio Parakou demeure. On peut faire taire une fréquence, mais difficilement effacer la mémoire collective qu’elle a construite. Les voix qu’elle a révélées, les histoires qu’elle a portées, les consciences qu’elle a éveillées continueront de résonner.
Reste désormais une question essentielle : ce silence est-il définitif, ou annonce-t-il, un jour, une renaissance ?
Gildas AHOGNI